A vous tous qui aimeriez passer une semaine au Québec en hiver, pour y découvrir la nature en moto-neige, laissez moi vous raconter l’histoire de Danielle, 62 ans, notre amie habitante d'Hirson.
Elle s’y est rendue le 18 janvier 2005 avec son compagnon, et un autre couple d’amis.
Le 19, on leur a
présenté leur machine respective, leur expliquant le fonctionnement, avec état du véhicule, comme on le ferait pour une location de véhicule. On leur a demandé une caution de 1500$ qui devait leur être rendue à la fin de leur séjour d’une semaine.
Sans aucune recommandation supplémentaire sur les règles de sécurité, notamment sur la règle élémentaire, lorsqu’on circule en convoi, chacun est responsable du véhicule qui le suit, très vite le groupe de 12 randonneurs s’est lancé sur la piste à une vitesse très soutenue. Le guide sentant les plus hardis du groupe le suivre de
près a accéléré la cadence, laissant les derniers suivre
comme ils le pouvaient. Chacun de nos amis était conscient qu’il dépassait les limites de ses capacités, mais on ne voulait pas se perdre, et nul n’osait ralentir le groupe, on ne savait pas !
Le lendemain, notre amie n’a pas souhaité conduire, elle a
préféré rester à l’hôtel.
Vendredi 21 janvier 2005, se sentant un peu plus rassurée, elle décida de reprendre la moto-neige et de suivre l'itniéraire comme
prévu. Elle s’est très vite rendu compte qu’elle n’était pas plus à l’aise sur son véhicule, mais … il faut bien suivre, on a payé pour cela, et ... que faire à l'hôtel!
Malheureusement, peu de temps après, une fausse manœuvre, et ratant un virage elle dévale un talus faisant une chute de 3mètres tout au plus.
Elle se relève, sa machine n’avait subi aucun dommage. Elle revint sur la piste, sent une forte douleur. à l’épaule. Son ami qui la suivait s’est immédiatement arrêté pour lui venir en aide. Elle ne se sent pas bien, se plaint du froids (le vent souffle, il avait fait – 35°c la nuit) Elle s'allonge, ses amis se mettant face au vent pour la protéger au mieux. Le guide arrive ensuite,
il n’a ni radio, ni CB, le portable ne passe pas. Il file chercher du
secours.
On attend, l’attente paraît interminable, Danielle se plaint du froids, finalement, les secours viendront …2 heures et demie plus tard (un brancard rempli de neige, les oreillers trempés, les couvertures qui manifestement avaient servi à nettoyer les véhicules) …, et la trouveront en train de mourir ...
de froid. Seule la clavicule était cassée. Je ne puis vous décrire l’horreur qu’ont son compagnon et ses amis impuissants attendant pendant tout ce temps des secours hypothétiques. Pas une couverture de survie, pas une radio, pas un hélicoptère qui puisse venir en aide. Il est trop tôt pour vous dire quelle seront les suites de cette histoire,
(on enterre Danielle mardi à Hirson)